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Gestion d’un élevage agricole 


Parmi les 389 000 exploitations agricoles que comptabilise la France métropolitaine, 37% d’entre elles sont spécialisées dans l’élevage. Depuis de nombreuses années, ce pourcentage diminue à cause de l’augmentation des charges d’exploitation sans que les prix de vente soient corrélés. Néanmoins, la France dispose du cheptel allaitant le plus important d’Europe, faisant vivre de nombreux agriculteurs ainsi que les professionnels du secteur de la transformation. L’élevage bovin comptait 18,5 millions de vaches en 2018 et 7,2 millions pour l’élevage ovin. 

La gestion de votre élevage au quotidien 

La journée des éleveurs est rythmée par les besoins du bétail et nécessite une présence quotidienne des agriculteurs sur l’exploitation. Être éleveur est un métier intense qui ne s’invente pas, il existe plusieurs formations visant à former les futurs exploitants. 

  • Les Maisons Familiales Rurales (MFR) sont des établissements destinés à la formation et à l’éducation des jeunes et des adultes, ainsi qu’à leur insertion sociale et professionnelle. Ces structures accueillent des étudiants de la quatrième à l’enseignement post-secondaire dans le cadre de programmes d’alternance.  
  • Le Bac Pro (BP) Conduite et Gestion de l’Entreprise Agricole (CGEA) dispense une formation pour devenir ouvrier agricole ou chef d’exploitation agricole. Le BP se prépare en 2 ans de CAP et délivre des diplômes de niveau supérieur. Ces diplômes sont axés sur la maîtrise d’un métier, généralement par le biais d’un apprentissage. 
exemple de troupeau bien géré

Gérer l’aspect technique  

L’éleveur doit être en mesure d’estimer son efficacité technique en calculant les différents indicateurs financiers comme le prix d’équilibre, le coût de revient, et le coût marginal. Ces indicateurs permettent de comprendre l’impact des décisions. 

Au quotidien cela se traduit par la maîtrise totale du fonctionnement de l’exploitation : 

  • Conduire l’activité  
  • Définir le planning de production 
  • Maîtriser la gestion économique avec le coût de mise en culture, les marges, bilan et compte de résultat, calculer son besoin en fonds de roulement, etc. 
  • Mettre en place un planning d’activités 
  • Réaliser les documents obligatoires et les différentes déclarations 
  • Gérer le personnel, les contrats d’embauche, les relations avec la MSA, la Médecine du Travail 
  • Assurer le matériel, les récoltes et le cheptel 

L’aspect commercial d’un élevage 

De nos jours, l’éleveur est entrepreneur et doit tout maîtriser au quotidien, de la gestion du troupeau en passant par la production et ce jusqu’à la commercialisation ; et parfois même la gestion du personnel. Ajouter une activité de vente à leur travail de production complique leurs tâches et leur gestion du temps.  

Depuis plusieurs années se sont donc développés les circuits courts : les ventes à la ferme, les marchés de plein air, les paniers ou encore les points de vente collectifs. Cependant certains produits peuvent s’avérer plus difficiles que d’autres à être commercialisés en circuit court comme les produits carnés avec le peu de ventes réalisées, les caractéristiques de production ou le conditionnement des produits. Pour les éleveurs, les coûts et l’application des normes sanitaires liés à l’abattage et à la transformation des produits sont parfois des facteurs décourageants. Face à ces défis, les producteurs développent de nombreuses compétences liées aux activités de commercialisation et à la gestion agricole. Pour la grande majorité d’entre eux, l’apprentissage s’est fait sur le tard à travers différentes expériences. Ces éleveurs sont en mesure de comprendre les attentes du consommateur et leurs besoins afin de proposer une offre adaptée.  

La gestion des effluents : un cas particulier 

D’un point de vue réglementaire, le suivi des émissions se fait à l’aide de 3 documents élaborés par les législateurs : 

  • Plan d’épandage : Il permet de justifier d’une bonne gestion des déjections animales. Il détermine les surfaces non épandables et le juste équilibre entre la production d’eaux usées et la surface épandable sur l’exploitation. 
  • Plan prévisionnel de fumure (PPF) : c’est un document obligatoire établi chaque année. Les engrais azotés peuvent être gérés en ajoutant des engrais organiques ou minéraux selon les besoins de la culture. 
  • Cahier d’épandage : Ce document résume toutes les interventions de fertilisation azotée sur l’exploitation. 

La quantité de fumier produite dans les bâtiments d’élevage varie d’un bâtiment à l’autre et du type d’élevage exercé sur la ferme. Il existe aussi d’autres facteurs qui affectent le type et la quantité des effluents produits sur l’exploitation :  

  • Type d’infrastructure (disposition du bâtiment, nombre de rez-de-chaussée, etc.). 
  • La nature du bétail, la fréquence de nettoyage et le nombre de têtes dans le troupeau. 
  • La nourriture utilisée. 
  • Le nature du sol (paillage). 

L’exploitant doit être en mesure d’estimer la quantité et le type de fumier et le lisier produit pour déterminer les méthodes de transfert, les structures de stockage et les équipements d’épandage appropriés. Certains produits peuvent être plus ou moins difficiles à gérer : les lisiers et fumiers ne sont pas les seuls effluents qui peuvent être produits lors de l’activité agricole, il en existe d’autres : 

  • Les effluents avec une faible teneur en azote (inférieure à < 0,5 kgN/m3) comme les eaux de lavage de l’exploitation ou les eaux pouvant s’écouler des zones de stockage, le purin. 
  • Les effluents des laboratoires et d’ateliers de transformation comme les eaux usées d’abattoirs et les graisses. 
  • Et enfin les eaux issues des stations de traite et du processus de transformation du lait. 

Pour gérer ces effluents les exploitants agricoles peuvent opter soit pour le traitement, soit pour le stockage de ces déchets.  

Les eaux usées doivent être stockées dans des structures étanches. Il existe plusieurs types de stockage : fumier couvert ou exposé, fosses enterrées ou aériennes, béton ou géomembranes, citernes souples… Chaque solution doit être conforme aux lois en vigueur et les éleveurs doivent vérifier la faisabilité du projet. Dans certains cas, le fumier peut également être stocké au champ sous certaines conditions (jusqu’à 10 mois pour le fumier compact qui ne s’écoule pas sur une distance définie). 

Un procédé de traitement des eaux usées peut également être une alternative intéressante. Cependant, cette solution peut rapidement devenir coûteuse et chronophage en termes de suivi et de maintenance.