La fertilisation : nourrir les plantes, nourrir les hommes… Mais à quel prix ?

18 février 2019

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Fertilisation : nourrir les plantes & les hommes, mais à quel prix ?La terre, comme l’air et l’eau, apporte à la plante des éléments nutritifs essentiels à sa croissance. La fertilité d’un sol doit donc être durable afin de produire en quantité et qualité suffisante. Comment peut-on aider nos sols à produire plus et mieux ? Existe-t-il une réglementation relative à la gestion de la fertilisation azotée des cultures  ? Si oui, face à cette réglementation, quelles solutions sont proposées aux exploitants ?

Qu’est-ce que la fertilisation ?

La fertilisation consiste à apporter à une culture, un sol, tous les éléments nécessaires au développement de la plante.
En agriculture, nous utilisons deux types de fertilisants : les engrais minéraux et les substances organiques issues principalement de l’élevage d’animaux.

La fertilisation est indispensable à la production agricole. En effet, selon l’Unifa (interprofession des engrais) et la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), l’augmentation de la production céréalière dans le monde est proportionnelle à la consommation d’engrais. Cela suggère donc bien une forte corrélation entre les deux éléments.

évolution comparée de la production mondiale de céréales et de la consommation d'engrais
Source : https://fertilisation-edu.fr/component/content/article.html?id=138

L’usage d’engrais azotés est-il réglementé ?

Compte tenu de la présence naturelle de nitrate dans nos aliments, l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) a fixé en 1962 une dose journalière admissible d’ingestion de moins de 250mg par jour pour un adulte.
La réglementation européenne a également définie une limite de précaution de 50mg/litre dans l’eau de boisson pour protéger les personnes sensibles (nourrissons, femmes enceintes, etc.)

D’un point de vue environnemental, les nitrates peuvent avoir des effets négatifs. Les algues vertes produisent au cours de leur décomposition des gaz toxiques néfastes pour la santé humaine et animale. Elles doivent donc être ramassés pour ne pas empêcher le tourisme.

Au vue de ces différents éléments a été établi une réglementation très stricte en matière d’usage de l’azote. Cette réglementation s’applique à 4 niveaux :

  • Européen
  • National
  • Régional : chaque région a fixé sa méthode de calcul. Il existe donc aujourd’hui 17 méthodes de calcul différentes (en référence aux anciennes et nouvelles régions administratives de France hormis la Corse).
  • A l’échelle locale pour les zones d’actions renforcées (notamment les zones de captage d’eau)

Tous les exploitants agricoles, dont une partie des terres ou bâtiments d’élevage sont au moins situés en « zone vulnérables », sont concernés par la réglementation Nitrate, et ce quel que soit leurs productions (grandes cultures, élevages, viticulture)
Les zones vulnérables à ces nitrates se sont largement agrandies ces dernières années : peu de régions agricoles à forte production échappent donc à cette réglementation. Cela constitue donc la grande majorité des agriculteurs en France !

Directives Nitrates zones vulnérables 2007 Directives Nitrates zones vulnérables 2017

© Ministère de l’Ecologie

Face à la réglementation Azote, quels sont les moyens mis à disposition des agriculteurs ?

Aujourd’hui, un agriculteur peut perdre de 1 à 20% des aides qu’il reçoit de la PAC en cas de non-respect de la réglementation ou en cas d’erreur. S’ajoute à cela une amende de la police de l’eau.
Pour éviter cela, il est recommandé de maîtriser toute cette réglementation, ce qui est très complexe et contraignant !

Dans la majorité des cas, les agriculteurs demandent aux organismes avec lesquels ils travaillent (coopératives, négoces, centres de gestion) de réaliser les divers documents utiles à la justification des travaux de fertilisations sur les cultures (plan de fumure, cahier d’enregistrement des pratiques). Ces organismes agricoles font aujourd’hui 80% du contrôle des règles sur les apports d’engrais.

L’agriculteur peut réaliser un plan prévisionnel de fumure (PPF) permettant d’équilibrer la fertilisation en calculant le besoin et les fournitures par le sol pour savoir combien apporter de fertilisants à la plante sans dépasser son besoin.
Des outils de pilotage de la télédétection (Farmstar, Cérélia, etc.) permettent de justifier l’augmentation des rendements et donc, à terme, l’apport supplémentaire de fertilisants.

Balance entre les besoins de la culture et les fournitures de l'azote minéral
Source : https://unifa.fr/raisonner-la-fertilisation/calculer-les-apports/fertilisation-azotee.html

L’utilisation de logiciels agricoles peut être une bonne réponse à la prise en compte des mesures réglementaires. Avec un logiciel, l’agriculteur enregistrant directement sur l’outil les pratiques agricoles pour réaliser en suivant des Plans Prévisionnels de fumure.

SMAG, par exemple, propose en partenariat avec Auréa et Agrosolutions, plusieurs modules (Fertiweb, Epiclès et be Api) couplés à nos logiciels de gestion de parcelles permettant le calcul de la dose, la saisie d’apports et l’édition de bilans.

 

En conclusion, plusieurs solutions sont mises à disposition des agriculteurs et viticulteurs pour répondre à la réglementation très drastique concernant la fertilisation azotée des cultures. N’hésitez pas à vous renseigner por choisir celle qui vous convient le plus selon votre cas !

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