Station météo agricole : les clefs pour faire le bon choix

8 février 2019

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station météo agricoleLa culture visée, la zone géographique de l’exploitation et l’utilisation finale des données météo orienteront fortement le choix d’une station météo agricole pour le producteur. Qualité des capteurs, réseaux compatibles et coût de l’abonnement annuel font également partie des critères à étudier. Explication avec François Dalbard / Agriscope.

Météo France et les chercheurs de l’Inra sont équipés de stations météo couvrant de grandes zones et procurant des données très précises (grâce à des capteurs de haute qualité), mais d’un coût élevé (10 000 à 20 000 €). Ce n’est pas ce que recherche un agriculteur qui a surtout besoin de données météo proches de sa parcelle et d’une précision moindre. D’où le développement depuis une dizaine d’années de capteurs moyenne gamme, permettant de concevoir des stations à 700-800 €, voire 400 € pour les low-cost. Avec ces dernières, le marché, qui reste pour l’instant une niche avec 4 000 à 8 000 stations individuelles en France, pourrait se développer vu l’utilité d’un tel investissement pour la conduite de l’exploitation.

Pourquoi s’équiper d’une station météo agricole  ?

station météo agricoleSon intérêt dépend de la localisation de l’exploitation et de la culture visée.

« Le Sud de la France présentant un relief et des cultures plus variés que dans le Nord, la rentabilité d’une station météo sera plus importante», souligne François Dalbard d’Agriscope, concepteur de stations et partenaire de SMAG.

L’arboriculture est la production où cet équipement présente le plus d’intérêt. C’est en effet une culture pérenne ; les capteurs au sol sont donc installés pour plusieurs années. De plus, la récolte n’étant en général pas transformée, sa qualité, notamment visuelle, est primordiale, d’où très souvent un pilotage indispensable nécessitant des données météo. Mais quelle que soit la culture, l’exploitation des données météo peut permettre d’optimiser l’irrigation (économie d’eau), les conditions de traitements phytosanitaires (efficacité augmentée et réduction des produits), ou encore de lutter contre le gel (en arboriculture et viticulture).

Trois grands types de station météo agricole

Les stations météo les plus vendues sont celles qui donnent l’hygrométrie, la température, la pluviométrie et la vitesse du vent. D’autres apportent des données relatives au sol (humidité, température, salinité) qui servent essentiellement à piloter l’irrigation. Enfin, certaines permettent de savoir si la végétation est sèche ou humide : c’est l’humectation foliaire. Ces dernières concernent essentiellement la viticulture et l’arboriculture, mais peuvent être utilisées en pomme de terre ou en betterave pour alimenter des modèles de prévision des maladies.

Quels critères étudiés pour bien la choisir ?

Chaque situation est particulière selon le fournisseur. Il est donc conseiller de discuter avec eux pour identifier ses besoins (qu’est-ce que je veux faire avec mes données météo ?) et déterminer la station adéquate. Nous allons néanmoins vous donner quelques règles générales. Après avoir défini les données météo essentielles à la culture ciblée, il faut se focaliser en premier lieu sur les capteurs :

  1. Précision et durée de vie des capteurs

    Premier critère à regarder : la précision de chaque capteur !
    Concernant la température, il est important d’avoir un chiffre après la virgule pour piloter la lutte anti-gel.
    En pluviométrie, 0,5 mm étant suffisants pour le développement de certaines maladies, il faut au moins cette précision. Cependant, selon l’usage, mieux vaut opter pour un capteur de pluviométrie avec une précision de 0,5 mm plutôt que 0,2 mm car ce dernier peut ne pas capter les grosses pluies d’orage. « La qualité des capteurs de pluviométrie des stations low cost est correcte. En revanche, celle des capteurs de température-hygrométrie peut être insuffisante », estime François Dalbard. Quant aux capteurs d’hygrométrie, ils dérivent en général de 3 à 4 % par an (sans recalibrage possible pour les capteurs low-cost), ce qui pose problème si les données sont utilisées par un modèle de prévision de maladies. « Agriscope a commercialise une sonde qui ne dérive que de 0,5 % par an. » Côté durée de vie des capteurs, « pour nos stations météo de moyenne gamme, elle est de 3 à 5 ans pour l’hygrométrie et la température, 5 à 7 ans pour la pluviométrie et 7 ans pour le vent et l’ensoleillement. »

  2. Réseaux auxquels la station peut se connecter

    La station météo doit pouvoir se connecter à un réseau pour envoyer les données récoltées par ses capteurs. Il en existe plusieurs, notamment les réseaux téléphoniques (GPRS, 2G, 3G, 4G…) encore coûteux, et les réseaux bas-débit et peu énergivores Sigfox et LoRa. « Aucun ne couvre l’ensemble du territoire français », précise François Dalbard. « Pour que nos stations puissent se connecter quel que soit l’endroit du territoire, nous les avons conçues pour être connectables à tous ces réseaux, ce qui n’est pas toujours le cas chez nos concurrents. Et quand il n’y a aucun réseau, nous proposons le nôtre en installant une antenne chez l’agriculteur. »

  3. Coût de l’abonnement

    L’agriculteur récupère ses données météo en se connectant à la plate-forme du fournisseur de la station moyennant un abonnement. « Chez Agriscope, il est en moyenne de 150 à 200 €/an. Il dépend du réseau auquel la station sera connectée (le GPRS est plus cher que LoRa ou Sigfox) et des services demandés à partir de l’exploitation des données météo (envoi d’une alerte, visualisation des données sur une carte…). Sur le marché, certaines stations météo peuvent être peu chères à l’achat mais avec un abonnement annuel à la plate-forme beaucoup plus élevé. » Enfin, pour exploiter les données météo récupérées, il est important de vérifier la compatibilité de la station avec le logiciel de valorisation des données de l’exploitation.

Quel entretien nécessite une station météo agricole ?

Aujourd’hui, l’agriculteur peut réaliser la maintenance classique (vérifier que le capteur du pluviomètre n’est pas bouché, changer les piles ou la batterie, et même le capteur température-hygrométrie. Certains fournisseur propose également des prestations de maintenance annuelle après l’achat d’un certain nombre de station météo agricole. Cela peut être très rentable pour un distributeur agricole, par exemple.

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