Comment réaliser son plan prévisionnel de fumure ?

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Champ de colza près d'un estuaire

Chaque année, les exploitants doivent réaliser un Plan de Prévisionnel de Fumure (ou PPF), tout particulièrement si leur exploitation est située en zone vulnérable ou soumise à des mesures agro-environnementales spécifiques.

 

A quoi sert le plan de fumure ?

Le Plan Prévisionnel de Fumure, permet de calculer les doses de NPK (Nitrate, Phosphore et Potassium) nécessaires à chaque culture, pour chaque parcelle, ou îlot des exploitations. Les informations indiquées dans les PPF, comme les pratiques agricoles passées et celles à venir, peuvent servir au calcul des aides comme la PAC et sont contrôlées dans le cadre de ces aides.
Les exploitations situées en zones vulnérables, sont dans l’obligation de suivre et de respecter les mesures de la directive nitrate. Celles-ci visent à assurer la protection des eaux de surface et des eaux souterraines contre la pollution aux nitrates d’origine agricole.

L’obligation de réaliser un PPF en zone vulnérable

Les zones vulnérables se situent principalement sur la partie Nord Ouest du territoire français. Elles couvrent 68% de la surface agricole et concernent 62% des exploitations agricoles.
Les rejets directs ou indirects de nitrates agricoles ou d’autres composés azotés, sont donc particulièrement susceptibles d’être transformés en nitrates et de provoquer une pollution des eaux sur ces régions fragilisées. La mauvaise gestion de ces apports menace donc à très court terme, la qualité du milieu aquatique, mais aussi l’approvisionnement en eau potable.

Les eaux considérées comme vulnérables :

  • Les eaux souterraines et les eaux douces de surface, utilisées par captage et destinées à la consommation humaine, doivent avoir une teneur maximale en nitrates de 50 mg par litre.
  • Les eaux estuariennes qui se jettent dans la mer sont elles aussi fragiles. Si celles -ci comportent une trop forte quantité de nitrates et de phosphate, le phénomène de d’eutrophisation se produit avec l’arrivée massive des algues vertes.

Les composés azotés d’origine agricole, contribuent donc fortement à « l’enrichissement en nitrates » de ces eaux côtières, marines, ainsi que les eaux douces et dégradent donc la qualité de ces eaux.

Est-ce que mon exploitation se situe en zone vulnérable ?

La liste des zones vulnérables est établie par les DREAL, Directions Régionales de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement. Plus d’info sur les zones vulnérables en Métropole : Geo.gouv.fr

Les zones vulnérables

Le PPF, un outil pour ajuster la fertilisation azotée sur votre parcellaire

Au-delà du caractère obligatoire, le PPF est un véritable outil d’ajustement qui permet de gérer très précisément les engrais de l’exploitation en matières organiques (MO). Mais aussi de réaliser des économies en ajustant ses commandes d’engrais, de matière minérale, tout en respectant le potentiel de la parcelle. En calculant la bonne dose au bon endroit, le plan de fumure, permet d’éviter toute carence en apports nécessaire aux besoins de la plante. Mais aussi d’éviter les excès azotés. Smag vous accompagne donc dans la réalisation de vos PPF grâce à nos logiciels de fertilisation agricole.

Quand faire mon PPF ? Et à quoi sert le calendrier d’épandage ?

calendrier épandageLe plan de fumure (ou PPF), est à réaliser chaque année à l’automne, pour l’année suivante. La méthode de calcul de la dose prévisionnelle à utiliser est quant à elle, fixée par arrêté préfectoral régional. Néanmoins Le plan prévisionnel de fumure doit être réalisé au plus tard avant le 1er épandage d’engrais réalisé en sortie d’hiver, ou avant le 2ème épandage d’engrais réalisé en sortie d’hiver en cas de fractionnement de parcelle.

Le calendrier d’épandage fixe quant à lui, les périodes d’épandage pour chaque région et déterminent les dates des premiers apports. Ce calendrier peut donc varier d’une région à une autre, selon les modalités d’application de la Directive Nitrates pour chacune des régions.

Quelles informations prendre en compte pour son PPF ?

Le PPF commence avant l’implantation de votre culture. Il doit donc prendre en compte le mode de gestion prévue. Dans le cadre de l’interculture, il est donc nécessaire d’indiquer la culture précédente avec ces propres résidus – Matière Organique (MO) – ce qui permettra de calculer les besoins de la culture à venir. Sans oublier d’indiquer les épandages de fertilisants organiques prévus sur cette nouvelle culture.

Apport azoté

Dans le PPF, le calcul de la dose prévisionnelle est obligatoire pour chaque parcelle, pour tout apport de fertilisant azoté, que ce soit avec des matières organiques ou minérales.
Le calcul de la dose d’azote minéral à apporter, nécessite la prise en compte du reliquat d’azote présent dans le sol en sortie d’hiver. Une mesure par parcelle ou groupe de parcelles homogènes (sol, précédent, variété…) reste la base du conseil.

Les pièges à nitrates, CIPAN

Pièges à nitratesLes cultures intermédiaires, ou à plafond, c’est-à-dire les CIPAN (Culture Intermédiaire Pièges A Nitrates) sont prévues pour stocker les nitrates entre chaque culture. Lorsque les CIPAN sont déchaumées, ces cultures laissées sur le sol, redistribuent les nitrates qu’elles ont stocké. Elles ne reçoivent bien sûr aucun d’apport azoté et il n’est donc pas nécessaire de prévoir d’apport pour ces cultures sur son PPF.
Idem, pour les cultures qui reçoivent une quantité d’azote inférieure à 50 kg/ha.

Les Groupes Régionaux d’Expertise Nitrate (GREN)

Pour déterminer votre dose d’azote prévisionnelle, vous devez vous référer à l’arrêté régional du GREN qui encadre la méthode de calcul des doses d’azote. La dose d’azote à apporter sera basée les cultures choisies (prairies, maïs), sur le bilan des apports précédents, mais aussi sur l’apport à prévoir grâce aux « cultures pièges à nitrates » (CIPAN).

Quels sont les documents obligatoires pour la conformité de son PPF ?

Votre PPF doit contenir un certain nombre d’informations obligatoires.

  • L’objectif de rendement : est la valeur moyenne des 5 dernières années de production. Pour la calculer, on supprime les valeurs minimale et maximale, et on divise la somme par 3. Les calculs sont réalisés par type de sol, en tenant compte de l’hétérogénéité potentielle des sols de l’exploitation.
  • Le reliquat de sortie d’hiver (RSH) : est issu de votre propre mesure ou de la valeur transmise par le GREN. En cas de contrôle, vous devez être en mesure de fournir le cahier d’enregistrement des pratiques azotées, et le registre phytosanitaire à ce PPF. Pour rappel, ces fichiers doivent être conservés 5 ans.

Les solutions Smag pour accompagner les exploitants et leurs techniciens, à réaliser leurs PPF

Le logiciel de conseil agricole Smag Expert et le logiciel agricole Smag Farm vous aident à élaborer vos Plans Prévisionnels de Fumure (N, P, K et Mg) et à ajuster vos apports de fertilisation sur tous types de cultures (grandes cultures, prairies, arboriculture ou viticulture). En tenant compte des particularités réglementaires de votre région. Avec Smag Farmer, les exploitants récupèrent directement les conseils de leur technicien envoyés depuis Smag Expert.