ETA 2026 : marché, chiffres clés et transformation numérique
Une ETA (Entreprise de Travaux Agricoles) est une entreprise spécialisée dans la réalisation de prestations de services pour le compte d’une clientèle qui se compose principalement d’agriculteurs, de collectivités ou d’entreprises. Elle met à disposition ses équipements, son savoir-faire et ses équipes pour effectuer des travaux que leur clientèle ne peut ou ne souhaite pas réaliser elle-même. Les ETA interviennent sur l’ensemble du cycle de production agricole : préparation du sol, semis, récolte, entretien des cultures, transport, etc.
Sommaire
- Les chiffres clés du marché des ETA en 2026
- 95 % des exploitations sous-traitent une partie de leurs travaux
- Les tendances 2026 : hausse des coûts, nouvelles réglementations et recrutement
- Le virage numérique : l’état d’adoption des outils digitaux dans les ETA
- La facturation électronique : une obligation qui accélère la transformation des ETA
- Le pilotage par les données : un avantage concurrentiel pour les entreprises de travaux agricoles
- Synthèse des points à retenir
1. Les chiffres clés de 2026
D’après les données de 2024 de la Fédération nationale des entrepreneurs des territoires (FNEDT), le territoire français compte 16 111 ETA, principalement réparties dans cinq régions : la Nouvelle-Aquitaine, le Grand Est, la Bretagne, les Hauts-de-France et les Pays de la Loire.
Cette répartition géographique des ETA sur seulement 5 régions pourrait laisser penser que le secteur est en déclin, mais il n’en est rien. En effet, le nombre de salariés travaillant dans des ETA s’élève à 142 094, tous contrats (CDD, CDI) et tous métiers confondus. On parle donc d’un marché dynamique qui enregistre une progression continue de la structuration des ETA, malgré la baisse du nombre d’exploitations agricoles en France (-2,3 % par an entre 2010 et 2020, source Insee 2024).
2. 95 % des exploitations sous-traitent une partie de leurs travaux
D’après les résultats économiques de l’agriculture mentionnées dans le Graph’Agri 2025 (Agreste – RICA), 95 % des exploitations agricoles ont fait appel à des prestataires externes pour réaliser une partie de leurs travaux en 2023.
Les achats de services réalisés par des ETA
Cette délégation de travaux agricoles concerne tous les types de productions et de métiers du secteur agricole, avec des taux particulièrement élevés dans les grandes cultures (98 %), la viticulture (94 %) ou l’ensemble polyculture et polyélevage (98 %). Pour les exploitations, ces achats de prestations représentent en moyenne 21 850 € par an, soit 12,2 % de leurs consommations intermédiaires (CI).
| Orientation économique | Taux de recours (%) | Montant moyen (k€) | Part dans leurs CI (%)* |
|---|---|---|---|
| Cultures | |||
| Grandes cultures | 98 | 20,4 | 11,8 |
| Maraîchage et horticulture | 55 | 11,7 | 4,4 |
| Viticulture | 94 | 27,7 | 23 |
| Fruits | 78 | 19,4 | 13,5 |
| Élevages | |||
| Bovins lait | 100 | 31,8 | 13,7 |
| Bovins viande | 99 | 10,2 | 11,8 |
| Bovins mixte | 100 | 25,1 | 11,3 |
| Autres herbivores | 99 | 10,1 | 10,3 |
| Granivores | 98 | 28,4 | 6,6 |
| Polyculture et polyélevage | 98 | 24,5 | 11,7 |
| Ensemble | 95 | 21,8 | 12,2 |
Source : Graph’Agri 2025, Agreste — Rica.
* « Part dans leurs CI (%) » correspond à la part des achats de prestations dans les consommations intermédiaires des exploitations.
Les ventes de services proposées par des exploitations agricoles à d’autres exploitations
À titre de comparaison, 20 % des exploitations facturent elles-mêmes des services à d’autres exploitants, pour un montant moyen de 11 080 €, soit seulement 2,9 % de leur chiffre d’affaires.
| Orientation économique | Taux de fournisseurs (%) | Montant moyen (k€) | Part dans leur CA (%) |
|---|---|---|---|
| Cultures | |||
| Grandes cultures | 33 | 12,2 | 3,6 |
| Maraîchage et horticulture | 11 | 11,2 | 2,1 |
| Viticulture | 21 | 14,2 | 3,3 |
| Fruits | 18 | 10,7 | 3,4 |
| Élevages | |||
| Bovins lait | 10 | 7,3 | 1,3 |
| Bovins viande | 11 | 7 | 4,3 |
| Bovins mixte | 13 | 5,5 | 1,1 |
| Autres herbivores | 8 | 4,5 | 2,9 |
| Granivores | 14 | 9,2 | 1,1 |
| Polyculture et polyélevage | 26 | 10,7 | 2,7 |
| Ensemble | 20 | 11,1 | 2,9 |
Source : Graph’Agri 2025, Agreste — Rica.
3. Les tendances 2026
En 2026, les entreprises agricoles et de travaux agricoles font face à des défis qui pèsent sur leur rentabilité et leur organisation. Outre le coût de l’énergie et autres contraintes, les ETA doivent faire face à la flambée des coûts des intrants, à un cadre législatif en constante évolution, ainsi qu’à des difficultés de recrutement.
La hausse des coûts d’intrants
La hausse des coûts des intrants s’explique notamment par un contexte géopolitique instable et une forte dépendance aux énergies fossiles. Selon les données du mois d’avril 2026, relayées par le service de statistique de l’agriculture, de l’alimentation, de la forêt et de la pêche (Agreste), l’IPAMPA (Indice des Prix d’Achat des Moyens de Production Agricole) des intrants agricoles a progressé de 9,1 % en un an, avec des pics spectaculaires pour certains postes :
- L’énergie et les lubrifiants : explosion du prix du gazole non routier (GNR) et des carburants.
- Les engrais et les amendements : hausses marquées pour l’urée et les solutions azotées.
- Les aliments des animaux et les produits de protection des cultures affichent en revanche une légère baisse sur un an.
Les coûts des intrants agricoles, relevés en mars et en avril 2026, montrent l’évolution suivante :
| Poste d’intrants | Poids dans les coûts (2020) | Évol. 1 an (mars 2026) | Évol. 1 an (avril 2026) |
|---|---|---|---|
| Énergie et lubrifiants | 12,2 % | ▲ +42 % | ▲ +55,8 % |
| Engrais et amendements | 12,3 % | ▲ +13,8 % | ▲ +18 % |
| Aliments des animaux | 28,6 % | ▼ -6,0 % | ▼ -4,6 % |
| Produits de protection des cultures | 10,3 % | ▼ -2,1 % | ▼ -2,3 % |
| Semences et plants | 7,2 % | ▼ -0,5 % | ▼ -0,7 % |
| Autres consommations intermédiaires non détaillées | 29,4 % | n.d. | n.d. |
| Ensemble des intrants | 100 % | ▲ +6,5 % | ▲ +9,1 % |
Sources : Agreste — Infos Rapides n°50 (mai 2026) et n°68 (juin 2026).
Un cadre législatif en constante évolution
Les entreprises agricoles et de travaux agricoles doivent s’adapter à un cadre réglementaire de plus en plus strict, avec de nouvelles obligations en 2026, comme :
- La conservation des justificatifs « permettant de justifier de son éligibilité et du montant de l’aide reçue pendant cinq années à compter de la date de son versement » pour les aides liées au GNR (Décret n° 2026-334 du 30 avril 2026 et Décret n° 2026-477 du 10 juin 2026).
- La réforme du Pacte Dutreil (loi de finances 2026) : l’exonération fiscale de 75 % sur la transmission des entreprises agricoles exclut désormais les biens n’étant pas exclusivement affectés à l’activité professionnelle (chevaux de course, voiture personnelle du dirigeant, biens liés à la chasse ou à la pêche, etc.) depuis au moins 3 ans lors de la transmission, ou depuis leur acquisition si celle-ci est plus récente.
- Normes environnementales renforcées : contrôle renforcé des matières fertilisantes dans le cadre de l’épandage (Décret n°2026-357 du 7 mai 2026), évaluation des incidences pour les travaux en site Natura 2000 (article L. 331-4 du Code de l’environnement), et préservation des sols pour les travaux en zone humide (article R. 213-49-6 du Code de l’environnement).
Des difficultés en termes de recrutement
Les entreprises de travaux agricoles, au même titre que les exploitations saisonnières, subissent une pénurie de main-d’œuvre qualifiée. C’est notamment le cas pour les postes de conducteurs d’engins, de techniciens ou d’ouvriers spécialisés. Cette tension sur les ressources humaines aggrave les contraintes opérationnelles, déjà alourdies par la hausse des coûts des intrants, les réformes réglementaires et la saisonnalité des activités. Les ETA, en particulier, doivent concilier flexibilité opérationnelle (dérogations horaires) et conformité sociale (formation CACES, sécurité), en maintenant toujours une productivité optimale malgré le manque de personnel.
4. Le virage numérique : l’état d’adoption des outils digitaux dans les ETA
Si les ETA ont longtemps fonctionné avec des processus manuels, la digitalisation gagne du terrain. Les logiciels de gestion permettent désormais de planifier les chantiers, de suivre les interventions en temps réel et de centraliser les données. Bien que certaines entreprises de travaux agricoles aient déjà franchi le pas, d’autres peinent à abandonner le papier et les tableurs.
Cela s’explique parfois par le coût perçu des solutions, la résistance au changement, ou encore la méconnaissance des gains de productivité possibles. Pourtant, les retours d’expérience des ETA équipées sont unanimes : l’automatisation des tâches administratives libère du temps et la centralisation des données donne une visibilité immédiate sur l’état des chantiers, l’historique des interventions et le niveau des stocks.
« En tant que gérant d’entreprise LEA nous permet de suivre et de planifier où que l’on soit, au jour le jour, les travaux qui sont effectués, d’en faire une analyse bien précise, de suivre le travail fait sur une exploitation (préparations de terres, épandage, semis, récolte, application produits phytosanitaires,…) et pour l’ensemble de nos clients. De plus, cela permet d’avoir un outil qui nous montre par des statistiques les consommations du matériel, les hectares réalisés, les heures effectuées par le personnel, la productivité… qui nous permettent aujourd’hui de rentabiliser au mieux nos diverses activités de l’entreprise. », SARL Bridonneau, utilisatrice de LEA depuis 2013.
Les outils numériques permettent aussi d’améliorer la logistique au quotidien : affectation des équipes, suivi des disponibilités, réduction des conflits de planning. Pour les gérants, cela se traduit par une meilleure réactivité face aux imprévus et une gestion plus sereine des contraintes opérationnelles : le numérique est le meilleur moyen de maintenir sa compétitivité.
5. La facturation électronique
En France, toutes les entreprises devront être capables de recevoir des factures électroniques à partir du 1er septembre 2026. L’émission de factures électroniques, quant à elle, sera obligatoire à compter du 1er septembre 2026 pour les ETI et grandes entreprises, et à compter du 1er septembre 2027 pour les PME et TPE.
La plupart des ETA étant des TPE, celles-ci devront se soumettre à la facturation électronique dès le 1er septembre 2027. En effet, à compter de cette date, les factures PDF envoyées par email (clientèle professionnelle ou particulier) ne seront plus conformes : les données devront être transmises en format structuré (XML, UBL, CII) via des plateformes agréées.
Pour répondre à cette exigence, les ETA doivent repenser leur processus de facturation, et parfois l’ensemble de leur gestion. La transmission de données structurées nécessite en amont une organisation rigoureuse : centralisation des informations, traçabilité des interventions, standardisation des formats. Les structures qui s’équipent dès maintenant d’outils adaptés peuvent ainsi anticiper les contraintes à venir, en plus de fluidifier leur gestion au quotidien.
6. Le pilotage par les données, un avantage concurrentiel
Une entreprise de travaux agricoles qui tire son épingle du jeu sait exploiter ses données pour optimiser chaque étape de son activité. En effet, le pilotage par les données permet d’anticiper ses besoins en intrants, d’optimiser ses tournées de chantiers, ou encore de suivre avec précision les coûts par parcelle. Dans un secteur où la marge dépend de la capacité à mobiliser rapidement ses équipes et de la disponibilité du matériel sur les parcelles, les ETA doivent pouvoir s’appuyer sur des données claires et actualisées pour réaliser au mieux chaque intervention.
LEA est une solution logicielle qui permet aux gérants d’ETA d’automatiser les tâches relatives à leur activité. L’outil favorise ainsi la gestion centralisée de leur activité en regroupant :
- La planification des missions
- Le suivi en temps réel des interventions
- La génération automatique des factures
Avec LEA, logiciel de facturation agricole, vous pouvez également exporter vos factures au format Factur-X, conformément aux obligations liées à la facturation électronique. Une fois exportées, les plateformes agréées ou les experts-comptables prennent le relais pour transmettre les factures structurées. Passer à la facturation électronique n’a jamais été aussi facile !
7. Synthèse des points à retenir
- Les ETA représentent 16 111 entreprises et 142 094 emplois en France, avec une forte concentration dans cinq régions : Nouvelle-Aquitaine, Grand Est, Bretagne, Hauts-de-France et Pays de la Loire.
- 95 % des exploitations agricoles externalisent une partie de leurs travaux, pour un montant moyen de 21 850 € par an (soit 12,2 % de leurs consommations intermédiaires).
- En 2026, les défis majeurs du secteur sont la hausse des coûts des intrants (énergie et engrais), une forte pression réglementaire et les difficultés à recruter de la main-d’œuvre qualifiée.
- La facturation électronique devient obligatoire : réception dès septembre 2026, émission pour les ETA (TPE/PME) à partir de septembre 2027, avec des formats structurés (XML, UBL, CII).
- LEA permet aux gérants d’ETA de centraliser leur gestion : planification des missions, suivi en temps réel des interventions, génération automatique des factures et export au format Factur-X.
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