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ETA viticoles : spécificités et outils pour gérer les travaux dans les vignes 

ETA

Les ETA spécialisées dans la viticulture accompagnent les exploitants viticoles et les professionnels du secteur viti-vinicole dans la réalisation des travaux agricoles sur le vignoble. En effet, pour la culture de la vigne, les interventions doivent être réalisées dans les temps et avec le matériel adéquat pour préserver la qualité du raisin, surtout s’il est destiné à la production de vin. Pour ce faire, elles mettent à la disposition de chaque viticulteur leur équipement, leurs équipes et leur expertise, afin de les aider à chaque étape du cycle de production.

Il faut savoir que les interventions à planifier dans les vignes sont nombreuses et dépendent fortement des saisons. C’est pourquoi, une ETA viticole doit être capable d’organiser des chantiers variés, parfois sur des périodes très courtes, ce qui nécessite le plus souvent d’utiliser le bon outil de gestion afin de suivre au mieux les parcelles de chaque client : gestion des équipes, suivi des parcelles, enregistrement des interventions, gestion administrative des prestations, etc.

1. Qu’est-ce qu’une ETA viticole ?

Une ETA viticole est une entreprise de travaux agricoles spécialisée dans les prestations réalisées au sein des exploitations viticoles. Elle intervient pour le compte d’un viticulteur qui souhaite externaliser certaines opérations. Pour réaliser ces prestations, elle utilise du matériel adapté, notamment des tracteurs, des pulvérisateurs ou des équipements spécialisés pour le travail du sol. Elle mobilise également des équipes qualifiées capables d’intervenir sur différents travaux, de l’entretien des sols aux opérations qui nécessitent l’intervention d’un ouvrier viticole. Ainsi, les prestations proposées lui permettent de couvrir l’ensemble du cycle de production de la vigne, qu’il s’agisse de travaux manuels ou d’interventions mécanisées.

La taille de la vigne

La taille est l’une des principales interventions réalisées par les ETA viticoles. Elle intervient pendant la période de repos végétatif de la plante, et consiste à sélectionner et couper les rameaux afin de préparer la future production. Pour mener à bien la taille de la vigne, l’équipe qui en a la charge doit maîtriser les modes de conduite de la vigne pour ne pas impacter le développement des ceps. Pour les gérants d’ETA, la période de taille représente un pic d’activité, ce qui implique une bonne organisation des équipes et l’élaboration d’un plan d’intervention précis, le but étant de satisfaire chaque viticulteur ayant fait appel à leurs services.

Le relevé des fils et le palissage

Au printemps, la croissance de la vigne nécessite plusieurs interventions nécessaires au bon développement des rameaux. Le relevé des fils, par exemple, permet de maintenir la végétation dans le rang et de faciliter le développement des grappes. Le palissage, quant à lui, guide et maintient les rameaux afin d’améliorer l’exposition des plants et de faciliter les interventions suivantes. Le relevé des fils et le palissage doivent être faits rapidement, car ils dépendent de la croissance de la vigne et des conditions météo.

Le rognage et l’entretien de la végétation

Le rognage consiste à couper l’excès de végétation qui dépasse de la zone de conduite de la vigne. Il sert à maîtriser le développement des rameaux et à faciliter l’entretien des parcelles. Certaines ETA proposent des services d’entretien complémentaires comme, par exemple, l’effeuillage, qui consiste à retirer une partie des feuilles présentes autour des grappes afin d’améliorer l’aération et limiter certains risques sanitaires.

Les vendanges manuelles et mécaniques

Les vendanges représentent une période importante pour les ETA viticoles. Selon les exploitations, elles sont réalisées manuellement par des équipes dédiées, ou avec des machines à vendanger. Pour procéder à la vendange mécanique, l’ETA doit bien organiser :

  • La disponibilité du matériel ;
  • Le déplacement entre les parcelles ;
  • Le respect des périodes de récolte (définies avec les exploitants ou les caves).

Pour les vendanges manuelles, la gestion des équipes est tout aussi importante, surtout lorsque plusieurs exploitants sollicitent l’ETA simultanément.

La technique du désherbage mécanique

Le travail du sol en viticulture s’inscrit parfois dans une démarche plus durable. C’est notamment le cas des exploitants qui privilégient un amendement organique ou des pratiques qui visent à favoriser la vie du sol. Dans ce cas, le désherbage mécanique est un bon moyen de limiter les adventices (mauvaises herbes), qui peuvent parfois concurrencer la vigne pour l’eau et les éléments nutritifs. En utilisant du matériel adapté, les interventions peuvent être réalisées entre les rangs ou sous les pieds de vigne.

Les pulvérisations phytosanitaires

Les ETA viticoles sont parfois amenées à appliquer des produits de protection des cultures afin de préserver les vignes des exploitants viticoles. De plus, la vigne étant sensible à différentes maladies, les interventions peuvent être nombreuses au cours d’une campagne. Mieux vaut donc planifier les interventions selon les conditions météorologiques et le stade de développement de la plante, et garder une trace des traitements réalisés sur chaque parcelle.

Le semis de couverts végétaux

Certaines ETA proposent, parmi leurs services, la mise en place de couverts végétaux entre les rangs de vigne. Ces couverts permettent de protéger le sol de l’érosion, d’améliorer sa structure et de préserver la biodiversité dans les parcelles. Ils aident ainsi à préserver les ressources naturelles et à limiter l’impact environnemental des activités viticoles.

L’épandage fertilisant

Les ETA viticoles peuvent aussi intervenir pour des travaux d’épandage de fertilisants. L’épandage d’engrais ou d’un amendement organique nécessite toutefois de bien connaître les caractéristiques du sol, ainsi que les besoins de la vigne afin d’adapter les apports pour chaque parcelle. Le suivi des opérations réalisées permet aux exploitants de conserver un historique des travaux déjà effectués sur leurs vignes.

2. Des contraintes réglementaires spécifiques pour la viticulture

L’activité des ETA viticoles étant soumise à un cadre réglementaire exigeant, les prestations réalisées dans les vignes doivent respecter certaines règles afin de garantir la sécurité des interventions, la protection de l’environnement et la conformité des productions. La réglementation concerne notamment l’application de produits phytopharmaceutiques et la traçabilité des travaux réalisés pour chaque exploitation.

L’agrément phyto obligatoire pour les ETA viticoles

Lorsqu’une ETA réalise des prestations qui impliquent l’application de produits phytopharmaceutiques pour le compte d’exploitants, elle doit disposer des autorisations nécessaires à l’exercice de cette activité. Cette obligation garantit que l’entreprise intervenante maîtrise la technique d’application de chaque produit utilisé, les règles de sécurité et les exigences réglementaires associées aux traitements. Pour un gérant d’ETA viticole, cette conformité est obligatoire pour toute prestation proposée aux clients, car dans le secteur viticole, les pratiques culturales sont strictement encadrées.

Une fiche chantier obligatoire pour chaque application

Chaque application réalisée dans une parcelle doit être accompagnée d’un suivi détaillé qui contient toutes les informations liées au chantier. La fiche chantier permet notamment d’identifier l’intervention effectuée, la parcelle concernée et les éléments nécessaires au suivi de l’opération. Dans une ETA viticole, cette obligation peut représenter un volume important de données à traiter, car une campagne peut comporter de nombreuses interventions pour plusieurs clients et plusieurs parcelles.

Les exigences des cahiers des charges AOP et IGP

La viticulture française est également marquée par l’importance des cahiers des charges liés aux productions sous appellation :

AOP (appellation d’origine protégée) : une appellation qui garantit qu’un vin est produit, transformé et élaboré dans une aire géographique précise, selon un savoir-faire reconnu.
IGP (indication géographique protégée) : une appellation qui certifie qu’au moins une étape de la production ou de la transformation du vin est réalisée dans une zone géographique déterminée.

Ces cahiers des charges imposent des règles spécifiques en termes de pratiques culturales, d’interventions autorisées et de suivi des opérations réalisées dans les vignes. Pour une ETA, cela implique d’être en mesure d’identifier précisément les travaux effectués chez chaque client et de conserver un historique fiable des interventions.

3. Pourquoi les fiches chantier phyto sont plus complexes pour la viticulture ?

Les fiches chantier liées aux applications phytosanitaires sont importantes pour les ETA viticoles. En effet, la vigne nécessite généralement un suivi très précis des interventions réalisées, car les traitements peuvent être nombreux au cours d’une campagne et chaque opération doit être associée à une parcelle.

Des produits spécifiques à suivre avec précision

Pour protéger la vigne, mieux vaut utiliser des produits adaptés aux problématiques rencontrées dans les parcelles. Les traitements peuvent concerner différentes maladies ou risques liés au développement de la plante, ce qui implique de savoir quels produits ont été appliqués. Chaque intervention doit donc permettre d’identifier :

Le produit utilisé
La dose appliquée
La parcelle concernée
La date d’intervention
Les conditions de réalisation du traitement

Le réglage du pulvérisateur professionnel permet d’assurer l’efficacité du traitement et de sécuriser l’intervention dans les parcelles. Pour ce faire, des nouvelles technologies facilitent le suivi des applications, ce qui peut être utile pour les ETA viticoles qui souhaitent améliorer la précision de leurs interventions.

Le respect des ZNT et des délais avant récolte

Les interventions phytosanitaires en vigne doivent tenir compte de plusieurs contraintes réglementaires liées aux conditions d’utilisation des produits. Les zones non traitées (ZNT), par exemple, doivent être prises en compte lors des interventions afin de préserver certains espaces sensibles situés à proximité des parcelles. Les délais avant récolte permettent, quant à eux, de garantir que les traitements sont réalisés dans le respect des périodes nécessaires avant la récolte du raisin.

Des informations à transmettre aux caves et aux coopératives

Les données relatives aux interventions réalisées dans les vignes peuvent être demandées par différents acteurs de la filière, notamment les exploitants, les caves coopératives ou certains organismes de suivi. En effet, les caves et les coopératives peuvent avoir besoin de certaines informations concernant les interventions réalisées afin d’assurer la traçabilité des raisins réceptionnés. Pour les ETA viticoles, cela implique d’être capable de retrouver rapidement l’historique des travaux effectués pour chaque viticulteur.

4. La saisonnalité viticole

L’activité des ETA viticoles est rythmée par le cycle de la vigne. Les périodes d’intervention sont déterminées par le développement de la plante, les conditions météorologiques et les dates de récolte. Pour un gérant d’ETA, cette saisonnalité implique d’anticiper les périodes de forte activité afin d’organiser les équipes, l’équipement et les interventions.

La taille en hiver : un pic d’activité à planifier

La taille est l’un des premiers grands rendez-vous de la campagne viticole. Elle intervient pendant le repos végétatif de la vigne, généralement durant l’hiver. Cette période mobilise fortement les équipes des ETA, car les surfaces à entretenir peuvent être importantes et les travaux demandent du temps pour être réalisés correctement. Il est donc indispensable d’élaborer un plan d’action pour répartir les interventions, suivre l’avancement des chantiers et disposer des ressources nécessaires au bon moment.

Les vendanges : septembre-octobre, une période stratégique pour les ETA

Les vendanges se concentrent généralement entre septembre et octobre, avec des dates variables selon les régions, les cépages et la maturité du raisin. Cette période demande une très bonne organisation, car les ETA doivent coordonner plusieurs éléments :

  • La disponibilité des machines à vendanger ;
  • La gestion des équipes ;
  • Les déplacements entre les parcelles ;
  • Le respect du calendrier défini avec chaque viticulteur.

Attention toutefois aux conditions météorologiques qui peuvent venir modifier le planning. Une fenêtre de récolte favorable peut nécessiter une forte mobilisation des équipes sur une courte période.

Bon à savoir : pendant l’été, notamment à partir de juillet, les ETA peuvent être amenées à intervenir chaque jour sur de petites fenêtres météorologiques afin de réaliser les travaux nécessaires dans les vignes.

5. La traçabilité spécifique des vignes

La viticulture nécessite une traçabilité précise des interventions réalisées. Les travaux effectués par une ETA doivent être associés à une parcelle identifiable afin de conserver un historique complet des opérations. Cette traçabilité est nécessaire pour les exploitants viticoles, notamment pour veiller au respect des contraintes liées aux cahiers des charges, anticiper les contrôles éventuels et assurer le suivi de la qualité des productions.

Un suivi précis par parcelle et par îlot

Dans les vignes, chaque intervention doit être rattachée à la parcelle ou à l’îlot concerné. Cette précision permet de retrouver facilement les informations relatives aux opérations réalisées :

  • L’entretien des sols ;
  • Les traitements ;
  • Les travaux mécaniques ;
  • Les opérations manuelles ;
  • Les interventions liées aux vendanges.

Pour les ETA, cette organisation facilite également la gestion des clients. Lorsqu’une exploitation possède plusieurs parcelles, le gérant peut retrouver plus rapidement l’historique des travaux réalisés sur chacune d’entre elles.

Le suivi du cépage et du millésime

La traçabilité permet également d’analyser les interventions réalisées et d’adapter l’organisation selon les besoins de chaque exploitation. Pour suivre les travaux, le plan des parcelles est un support essentiel. La traçabilité viticole sert également à regrouper des informations comme le cépage cultivé et le millésime associé à la production. Ces données permettent de mieux suivre l’évolution des parcelles et de conserver un historique cohérent des interventions réalisées au fil des campagnes.

6. Les spécificités de la vigne par rapport aux grandes cultures

Les ETA viticoles doivent gérer un grand nombre d’informations liées aux chantiers, aux parcelles, aux équipes et aux prestations réalisées.

Spécificités Vigne (viticulture) Grandes cultures (céréales, oléagineux)
Traitements phytosanitaires Pression forte : moyenne de 14,2 traitements fongicides par an. Pression modérée : l’IFT moyen oscille entre 3,0 et 6,3 pour le blé, avec des passages herbicides souvent inférieurs à 4.
Gestion des sols et désherbage 64 % des vignes sont enherbées entre les rangs. Désherbage mécanique exclusif pour 27 % des surfaces, mixte pour 50 %. Quasi-totalité des surfaces entretenue par désherbage chimique. 9 % des surfaces restent totalement nues durant l’hiver.
Saisonnalité des travaux Pics d’interventions manuelles en hiver (taille) et mécaniques ou manuelles à l’automne (vendanges). Pics concentrés sur les préparations de sol, les semis et les moissons estivales.
Poids économique de la sous-traitance 92 % des exploitations achètent des prestations, représentant 21,6 % de leurs charges intermédiaires. 97 % des exploitations achètent des prestations, mais celles-ci représentent une part moindre de leurs charges intermédiaires (12,9 %).

Sources : Graph’Agri 2025, Agreste — Rica ; et LA VIGNE selon les saisons, Chambre d’Agriculture de la Gironde.

7. LEA pour les ETA viticoles

Un logiciel de gestion, comme LEA Manager permet de centraliser un grand nombre d’informations liées aux chantiers, aux parcelles, aux équipes et aux prestations réalisées. Il simplifie le suivi quotidien de l’activité et facilite la collaboration entre l’ETA et l’exploitant, ce qui est très utile, surtout quand il est question d’obtenir ou de renouveler le Certiphyto pour son ETA.

Le registre phytosanitaire étant obligatoire, l’utilisation d’un registre phytosanitaire numérique représente un gain de temps considérable. En effet, les fiches de travaux phytosanitaires peuvent être générées automatiquement à partir des informations enregistrées lors des interventions. Les données nécessaires au suivi du chantier sont ainsi centralisées, ce qui réduit les ressaisies et limite les risques d’oubli. 

Une ETA viticole peut réaliser plusieurs prestations pour un même client : taille, entretien des sols, traitements, vendanges ou autres travaux spécialisés. LEA permet de suivre les travaux réalisés sur chaque parcelle : les équipes peuvent renseigner les actions effectuées lors des interventions, tandis que le gérant conserve une vision globale de l’activité. Les travaux enregistrés servent ainsi de base à une facturation plus rapide et plus fiable.

8. Synthèse des points à retenir

  • Les ETA viticoles interviennent auprès des exploitations viticoles pour effectuer leurs travaux liés au cycle de la vigne : taille, vendanges, entretien du sol, traitements phytosanitaires, travaux de récolte.
  • La viticulture nécessite un suivi précis des interventions en raison des contraintes réglementaires, des cahiers des charges AOP et IGP et des exigences de traçabilité propres aux productions viticoles.
  • Les fiches chantier phytosanitaires sont indispensables, notamment en raison du nombre d’interventions, du suivi des produits utilisés et des informations à conserver pour chaque parcelle.
  • La saisonnalité des travaux viticoles nécessite une bonne organisation en termes de matériel, d’équipe et de planning, surtout pendant les périodes de taille et de vendanges.
  • La traçabilité des interventions réalisées sur les parcelles permet aux ETA et aux exploitants de conserver un historique des travaux effectués, du cépage et du millésime.
  • Un outil de gestion numérique comme LEA facilite le suivi des chantiers viticoles, la centralisation des informations liées aux parcelles et la génération des fiches chantier phytosanitaires.
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