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Registre phytosanitaire : tout ce qu’il faut savoir


Cet article a été écrit avec les informations disponibles en date du 30/09/2026. Celles-ci peuvent toutefois évoluer à tout moment au fur et à mesure des publications légales françaises.

Source Arrêté du 24 décembre 2025 relatif à la tenue des registres d’utilisation des produits phytopharmaceutiques et de leurs adjuvants et mis à jour le 1er janvier 2026

Le registre phytosanitaire qu’est-ce que c’est ?

Le registre phytosanitaire est un document obligatoire pour les utilisateurs professionnels de produits phytopharmaceutiques. Il assure la traçabilité des traitements effectués sur une exploitation agricole et constitue une preuve de conformité lors des contrôles.

La réglementation en matière d’utilisation de produits phytosanitaires a évolué depuis le 1er janvier 2026. Néanmoins l’obligation de posséder un registre phytosanitaire sous un format numérique lisible par machine est repoussée au 1er janvier 2027. Cet article décrypte les changements à venir et les bonnes pratiques pour s’y préparer efficacement.

Compléter son registre phytosanitaire

Compléter son registre phytosanitaire est une obligation réglementaire depuis 2006 dans le cadre de la conditionnalité des aides agricoles. Ce document est essentiel pour la traçabilité et la gestion des traitements phytosanitaires. Il apporte en effet une organisation rigoureuse pour adapter vos pratiques selon les risques identifiés, comme l’enherbement d’une parcelle. 

Cette obligation découle de l’arrêté du 16 juin 2009, renforcée par le règlement européen (CE) n°1107/2009.

Important : au sens de l’arrêté, un format lisible par machine permet à un logiciel d’extraire automatiquement chaque donnée. Tenir son registre phytosanitaire sur papier, ou au format PDF scanné, Word ou Excel non structuré, ne sera donc plus conforme aux nouvelles exigences réglementaires. La tenue du registre reste par ailleurs une obligation réglementaire, également vérifiée dans le cadre des aides agricoles.

Registre phytosanitaire : les informations clés à renseigner

Il est indispensable de renseigner certaines informations essentielles sur son registre, comme :

  • Le numéro SIRET de l’établissement détenteur du registre (ou bénéficiaire dans le cas d’une prestation de service)
  • Le produit phytopharmaceutique utilisé (dénomination commerciale) + numéro AMM
  • Dans le cas d’une semence traitée, le(s) nom(s) de la (des) substance(s) active(s)
  • Les doses appliquées et leur unité (y compris densité de semis pour les semences traitées)
  •  La localisation ou la détermination de la surface ou de l’unité traitée (numéro d’ilot PAC et nom de la parcelle)
  • La date de l’applications
  • La taille ou la quantité de la surface ou de l’unité traitée
  • L’emblavement de la parcelle (dénomination de la culture suivant codification CEPP)

Informations complémentaires selon la réglementation ou l’AMM

Le cas échéant, l’utilisateur devra aussi indiquer :

  • L’horaire de début et de fin lorsque la réglementation ou l’amm le prévoit ;
  • Le délai de rentrée anticipée, le lieu et le motif ;
  • Le stade phénologique de la culture (suivant codification BBCH) lorsque la réglementation ou l’AMM le prévoit ;
  • Le numéro de lot sans le cas d’un traitement de semences ou de plants ou d’un semis de semences traitées.

Ce registre, à conserver cinq ans, sert également d’outil de référence lors des contrôles administratifs et contribue à l’optimisation des pratiques culturales au fil des ans.

Registre phyto 2027 : Smag Farmer est prêt !

Smag-Farme
  • Logiciel agricole N°1 des vérifications phyto (+ de 40 pts de contrôles)
  • Zéro ressaisie des données
  • Enregistrement des données en temps réel
  • Connexion avec OAD et connecteurs machines: Scopix, Alvie, be Api, Wanaka, Aptimiz…

Contexte de la réforme 

Depuis 15 ans, en application du règlement no 1107/2009 et de l’arrêté français du 16 juin 2009 relatif aux conditions dans lesquelles les exploitants mentionnés à l’article L. 257-1 tiennent le registre mentionné à l’article L. 257-3 du code rural, les utilisateurs professionnels de produits phytopharmaceutiques (dont les professionnels du monde agricole) doivent :

  • Tenir des registres des produits
  • Communiquer les informations contenues dans ces registres à l’autorité compétente si celle-ci en fait la demande

En 2020, l’adoption de la stratégie «De la ferme à la table», mise en place par la Commission européenne, vise à réduire la dépendance aux produits phytopharmaceutiques chimiques et le recours à ces produits.

La tenue de registres adéquats, autant sur le format que sur le contenu, relatant l’utilisation des produits phytopharmaceutiques est ainsi inévitablement devenu une priorité des gouvernements pour satisfaire aux exigences de cette stratégie européenne.

Le format électronique a justement été acté en application de ce règlement. Le calendrier a été adapté avec la parution d’un nouvel arrêté fin décembre 2025, repoussant par dérogation, l’obligation de convertir les interventions au format numérique au 1er janvier 2027.

Stat’Phyto26 et anciennement Prophyl : le prolongement du registre phytosanitaire

Le registre phytosanitaire numérique n’est pas le seul dispositif qui transforme la déclaration des pratiques agricoles. Depuis le 1er octobre 2026, le ministère de l’Agriculture déploie Stat’Phyto26, une enquête statistique obligatoire sur l’usage des produits phytosanitaires, qui fait suite à l’expérimentation Prophyl menée en 2024.

Pour les exploitants en grandes cultures équipés de Smag Farmer, la réponse à cette enquête peut se faire directement depuis leur outil de traçabilité, sans ressaisie.

Quel délai pour enregistrer les utilisations de produits phytosanitaires ?

Avant le 1er janvier 2030, Les utilisations de produits phytosanitaires doivent être saisies au format électronique avant le 31 janvier de l’année suivante.

Après le 1er janvier 2030, Les utilisations de produits phytosanitaires doivent être saisies au format électronique dans un délai de 30 jours.

Utilisations de produits phytosanitaires

Cependant, les États membres peuvent définir des délais plus courts. À ce jour, en France, le délai de 30 jours reste la norme.

calendrier de saisie des interventions sur le registre phyto après 2027

Quels contenus pour le futur registre numérique ?

Exigé à partir du 1er janvier 2027, le registre numérique d’une exploitation comporterait 4 parties :

  • 1ère partie : les traitements réalisés en système ouvert (les parcelles de plein champs)
  • 2ème partie : les traitements réalisés en système fermé (serre de culture, ou cellule de stockage)
  • 3ème partie : les traitements de semences effectués directement sur l’exploitation
  • 4ème partie : les semis de semences déjà traitées

Comment se dérouleront les contrôles en 2027 ?

Ce registre est tenu à disposition des autorités de contrôle pendant la durée prescrite (5 ans).

Lorsque l’autorité compétente demande à l’utilisateur professionnel de lui communiquer les informations contenues dans le registre, celui-ci lui fournit ces informations sans tarder. En outre, les autorités compétentes pourront explicitement exiger que ces informations contenues dans le registre leur soient communiquées au format électronique prescrit. Les informations devant figurer dans ce registre doivent respecter les délais d’enregistrement mentionnés ci-dessus.

Quels impacts pour les Entreprises de Travaux Agricoles qui réalisent des applications phytosanitaires pour leurs clients ?

Le règlement précise que les utilisateurs professionnels qui agissent pour le compte de clients avec lesquels ils ont un accord contractuel doivent “[fournir] à leur client, sans tarder et sans restrictions, un accès aux registres ou une copie de ces registres”.

Cela implique, pour les ETA, non seulement de tenir un registre phytosanitaire conforme, mais aussi de s’assurer que les informations sont complètes, à jour et facilement transmissibles. Cette exigence renforce l’importance d’une traçabilité irréprochable, tant pour répondre aux obligations réglementaires que pour garantir la transparence vis-à-vis des exploitants.

Dans ce contexte, la fiche travaux sanitaires devient un outil de choix : elle permet de consigner avec précision toutes les interventions réalisées, en détaillant les produits utilisés, les doses, les conditions d’application et les dates d’intervention. En maîtrisant cette étape, les entreprises se mettent en conformité tout en sécurisant leurs relations contractuelles avec leurs clients.


Vous êtes manager d’une ETA ? Vous avez besoin d’un logiciel pour la gestion des travaux agricoles, pour simplifier le pilotage de votre entreprise ?

En résumé

  • À retenir : le registre phytosanitaire devient obligatoirement numérique (format lisible par machine) au 1er janvier 2027. Le papier ne sera plus accepté. Les informations à saisir sont connues et l’arrêté du 24 décembre 2025 définit le format attendu : un fichier structuré, dont un logiciel peut extraire automatiquement chaque donnée. Aucun type de fichier précis n’est imposé.
  • Date d’application : 1er janvier 2027 (report d’un an, au lieu de janvier 2026).
  • Support : numérique lisible par machine obligatoire ; papier interdit.
  • Délai de saisie avant 2030 : avant le 31 janvier de l’année suivant l’utilisation.
  • Délai de saisie à partir de 2030 : sous 30 jours après l’utilisation.
  • ETA : elles doivent donner à leurs clients un accès aux registres qui les concernent.
  • Télédéclaration : aucun outil centralisé, ni de l’État français ni de la Commission européenne, à ce jour.
  • Stat’Phyto26 : enquête statistique obligatoire sur l’usage des produits phytosanitaires, à partir du 1er octobre 2026 (suite de l’expérimentation Prophyl 2024). Les utilisateurs de Smag Farmer en grandes cultures y répondent directement, sans ressaisie.

FAQ registre phytosanitaire

Le passage au registre numérique

À partir de quand le registre phytosanitaire doit-il être numérique ?

Le registre phytosanitaire doit être numérique à partir du 1er janvier 2027. Cette date, initialement fixée au 1er janvier 2026, a été repoussée par une décision des États membres de l’UE à l’automne 2025.

Pourquoi cette obligation numérique ?

Pour harmoniser les registres phytosanitaires dans toute l’Europe. L’obligation vise trois objectifs : harmoniser le contenu et le format des registres dans l’UE, les tenir sous forme électronique lisible par machine, et contribuer à la stratégie « De la ferme à la table ».

Quels formats numériques sont acceptés ?

L’arrêté du 24 décembre 2025 impose un format électronique lisible par machine, au sens de la directive (UE) 2019/1024 : un fichier structuré dont un logiciel peut facilement identifier et extraire chaque donnée. Aucun format n’est imposé, mais c’est le cas par exemple des exports de logiciels agricoles (XML, CSV) ou des tableurs structurés. À l’inverse, les documents scannés, les photos ou les PDF non structurés ne répondent pas à cette définition.

Contenu, délais et conservation

Que doit contenir le registre phytosanitaire ?

Pour chaque traitement : le numéro SIRET de l’établissement détenteur (ou bénéficiaire en cas de prestation), le produit utilisé (nom commercial) et son numéro AMM, les substances actives pour une semence traitée, la dose et son unité (y compris la densité de semis), la localisation de la surface traitée (îlot PAC et nom de la parcelle), la date d’application, la taille de la surface traitée et la culture en place. Le cas échéant : l’heure de début et de fin et le stade phénologique (si la réglementation ou l’AMM l’exige), le délai de rentrée anticipé (lieu et motif), et le numéro de lot pour les semences ou plants traités.

Quel est le délai pour enregistrer les traitements ?

Le délai dépend de la date d’utilisation du produit : avant le 1er janvier 2030, saisie électronique avant le 31 janvier de l’année suivante ; à partir du 1er janvier 2030, saisie électronique sous 30 jours.

Combien de temps doit-on conserver le registre ?

Le registre phytosanitaire doit être conservé 5 ans. Il doit pouvoir être présenté immédiatement si les autorités le demandent.

Qui est concerné ?

Registre phyto et Entreprises de Travaux Agricoles (ETA) : quels impacts pour ces dernières ?

Une ETA doit donner à ses clients un accès immédiat et sans restriction au registre qui les concerne, ou leur en fournir une copie. Concrètement, elle doit tenir un registre conforme, garantir des données complètes, à jour et faciles à transmettre, et s’appuyer sur une fiche de travaux précisant les produits, doses, conditions et dates d’intervention.

Qui est concerné par cette obligation ?

Tous les utilisateurs professionnels de produits phytosanitaires sont concernés : agriculteurs, viticulteurs, maraîchers, collectivités, prestataires, ETA…

Anticiper la transition

Comment anticiper la transition ?

Adoptez dès maintenant un logiciel agricole compatible, comme Smag Farmer. Testez les outils numériques et formez-vous, ou faites-vous accompagner par votre coopérative, votre négoce, votre centre de gestion ou votre chambre d’agriculture.

Je ne suis pas à l’aise avec l’outil informatique ou je ne suis pas encore équipé d’un logiciel adapté : que puis-je faire ?

Votre conseiller ou votre structure habituelle peut saisir les informations obligatoires pour vous et vous remettre le registre numérique à présenter en cas de contrôle. Avec un logiciel simple comme Smag Farmer, la saisie et l’export du registre se font en quelques clics.

Quel est le lien entre le carnet de plaine et le registre phytosanitaire ?

Le carnet de plaine note les observations faites sur le terrain (état des cultures, bioagresseurs, météo). Le registre phytosanitaire trace les interventions réalisées. Utilisés ensemble, ils assurent une traçabilité complète, de l’observation à l’application, renforcent la conformité réglementaire et sécurisent le pilotage technique des parcelles. À lire aussi : Réussir son tour de plaine avec un carnet de plaine digital.