L’agriculture de conservation des sols (A.C.S) : qu’est-ce que c’est et quels sont ses avantages ?

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Couvert végétal du sol avec du trèfle

L’agriculture de conservation des sols ou ACS se développe rapidement depuis quelques temps du fait notamment de la hausse des préoccupations relatives à la fertilité et la pérennité des sols. Dans ce contexte et pour répondre aux besoins de dynamisme et de positivité d’un point de vue sociétal, de nombreux acteurs s’engagent ou souhaitent s’engager dans la 3ème voie de l’agriculture, au sein de laquelle un volet agriculture de conservation des sols (ACS) est intégré.

 

 

Nous vous proposons de découvrir à travers cet article :

Qu’est-ce que l’agriculture de conservation des sols ?

L’ACS ou Agriculture de Conservation des Sols est une agriculture qui place la préservation des sols au cœur de la stratégie culturale des exploitations. Cette agriculture est fondée sur 3 principes : semis direct sans travail du sol, couverture permanente du sol et diversité des espèces cultivées.

 

Le semis direct

Avant le semis des cultures, le sol est préparé principalement par un travail de labour. En retournant les parcelles sur une profondeur variable, la labour était quasiment la seule pratique utilisée par les exploitants. Aujourd’hui, d’autres techniques culturales sont utilisées. Certains exploitants réalisent un travail superficiel, seule la partie supérieur du sol (10 cm de profondeur) est travaillée, permettant ainsi d’ameublir le sol tout en laissant des résidus des cultures précédentes et ainsi améliorant le taux de matière organique des surfaces.

En agriculture de conservation, les cultures sont semées directement, sans travail préalable. Cette technique permet de préserver les sols et l’activité biologique en limitant l’aération des terres, permettant ainsi d’augmenter le taux de matière organique. Cette pratique limite également l’émission de CO2 fossile dans l’air grâce à l’économie de carburant réalisée.

Semis de blé tendre d’hiver

La couverture permanente des sols

Ce principe implique le maintien de résidus de cultures ou de couverts végétaux pendant l’interculture. Ainsi des espèces peuvent être cultivées non pas pour être récoltées, mais pour alimenter le sol. La couverture du sol permet également de maintenir un niveau d’humidité. Les couverts utilisés sont variés et le choix de ces derniers se fait en fonction d’un objectif défini et de la culture à venir sur la parcelle. Parmi les couverts fréquemment utilisé, on retrouve la féverole, le trèfle, la moutarde ou encore l’avoine rude. Depuis quelques années, il est également courant de mettre en place un mélange de cultures. L’alliance de phalécie, moutarde, trèfle et vesce permet par exemple d’étouffer les mauvaises herbes, produire de la biomasse ou encore piéger l’azote de l’air. Ceci ayant un effet bénéfique sur l’environnement, mais également sur la culture à venir.

De nombreux autres couverts ont un potentiel intéressant notamment dans le cadre de l’ACS. Jérôme Gauchon, Responsable Agronomie chez Océalia nous témoigne de ses préoccupations actuelles concernant les couvertures végétales.

Jerome Gauchon responsable agronomique« Le service Innov’Agro d’Océalia expérimente et recherche des solutions d’adaptation des systèmes de cultures à cette technique culturale.

Un des piliers de l’ACS  étant la couverture végétale, notre programme expérimental comporte déjà de nombreux essais sur le sujet :

  • Couverture permanente des sols : essais de semis dans le colza de différents couverts permanents en espèces pures ou en mélanges (lotier, trèfles blancs, luzernes, trèfles violets, trèfles souterrains) associés ou pas à des plantes compagnes (trèfles d’Alexandrie , vesce, lentille , fenugrec). L’étude pluriannuelle s’étend sur 2 à 3 ans avec semis de blé dans les couverts pour l’année 2.
  • Couverts végétaux d’Intercultures courte durée : mélanges courte durée (entre 2 pailles) avec différentes dates de semis. Les modes d’implantation sont aussi étudiés, comme le semis à la volée avant récolte du précèdent.
  • Couverts végétaux d’Intercultures longue durée (avant culture de printemps) : différents mélanges sont étudiés et un screening variétales est également réalisé sur certaines espèces (avoines rudes et moutardes d’abyssinie notamment).
  • Couverts végétaux plus spécifiques : dans le but de production de biomasse, pour servir de couvert relai, évaluation du comportement des couverts à la destruction mécanique….
  • Pâturage de couverts végétaux en systèmes ACS : différents mélanges ont été testé pour évaluer leur aptitude à être valorisé via du pâturage.
  • Fermes d’Innovation : Au sein d’exploitations expérimentales, mise en place d’essais systèmes en lien avec l’agriculture de la 3ème voie pour étudier les effets systémiques des couverts à l’échelle d’une rotation
  • Différentes observations et tests agriculteurs partenaires (notamment les anciens groupes fermes 30000) »

Jérôme Gauchon

 

Vous souhaitez savoir quel couvert mettre en place ? Découvrez le guide pour bien choisir son couvert 

Couverts végétaux de trèfles

La diversité des espèces cultivées

Pour améliorer les ressources alimentaires de la faune et la flore et la fertilité des sols, l’ACS prône le recours à des familles et espèces végétales variées. Plusieurs pratiques sont possibles : la rotation des cultures, les cultures associées ou les cultures multiples. Les rotations classiques colza/blé/orge, blé dur/tournesol, blé/maïs ou encore blé/betterave/pomme de terre sont modifiées en ACS. On retrouve l’intégration de légumineuses, tel que le pois après le colza ou encore le sarrazin, qui grâce à son court cycle est un candidat idéal à semer en dérobé. Les possibilités sont nombreuses. L’intégration d’une culture secondaire, moins rentable économiquement, peut s’avérer être une bonne stratégie pour votre exploitation du fait de son impact positif sur vos sols.

Culture de sarrazin en France

Quelles sont ses avantages et ses points de vigilance ?

L’agriculture de conservation des sols est en voie de développement et en constante évolution dans le monde. L’INRA a estimé en 2018 que 4% des agriculteurs en France avaient choisi l’agriculture de conservation des sols. Alors quels sont ses avantages et ses points de vigilance ?

Les avantages

Les avantages de l’ACS sont de trois types : sociaux, économiques et environnementaux. Cette 3ème voie de l’agriculture permet, grâce à ses 3 principes phares évoqués plus haut, de diminuer l’investissement en machine ainsi que les coûts de production. La réduction du travail du sol diminue la consommation de carburant et a donc un impact économique, mais aussi environnemental positif. En imposant la couverture permanente des sols et la diversification des cultures, l’agriculture de conservation des sols favorise la biodiversité, le stockage du carbone dans les sols et diminue l’érosion.

Un des principaux avantages évoqué par les exploitants engagés dans cette voie est la réduction de la charge de travail induite par la diminution des travaux du sol.

« L’ACS est apparue pour certains comme une solution possible et accessible »

Découvrez le témoignage de Jacky Artaud

Les points de vigilance

Ce mode de production offre de nombreux avantages qui expliquent aujourd’hui sa forte attractivité. Cependant avant de se lancer, il faut être conscient des impacts que cela peut avoir sur son exploitation. Comme tout nouveau projet, cela implique un investissement pour se former et l’élaboration d’une stratégie viable.

Outre la connaissance des principes et des caractéristiques des couverts végétaux, la connaissance de son sol est un aspect incontournable pour se lancer. Cette formation est généralement réalisée au contact d’exploitants ou conseillers déjà engagés dans la démarche.
Vous souhaitez vous lancer dans l’agriculture de conservation des sols ? N’hésitez pas à vous rapprocher de collectifs d’agriculteurs ACS locaux ou de votre organisation agricole.

Jérôme Gauchon, nous a fait part des actions mise en place au sein de la coopérative Océalia.

« Le thème est déjà travaillé au sein de notre coopérative au travers de groupes d’échanges sur l’ACS. De nombreuses formations réalisées par des personnes renommées dans ce domaine sont dispensées au sein de ces groupes.  Par ailleurs, le travail en groupe permet à chacun de se nourrir des échanges et des retours d’expérience sur les pratiques d’ACS, dans le but de monter en compétence (conseiller comme adhérents). »

Les pratiques se doivent ensuite d’être testées sur l’exploitation afin de découvrir la stratégie la plus adaptée. Certaines transitions peuvent impliquer une baisse de la productivité des parcelles, mais cela est à mettre en perspective avec la diminution des charges constatée.

 

La reconnaissance de ces pratiques par les consommateurs

L’ACS offre de nombreux avantages, mais la transition nécessite des investissements notamment les premières années. La labellisation et la reconnaissance par les consommateurs des efforts consentis par les agricultures sont essentielles pour le développement de l’engagement des exploitants dans les démarches qualité et environnementales.

Logo label au coeur des solsCréé en 2020, le label « Au cœur des sols » récompense aujourd’hui les agriculteurs engagés dans la démarche. Ce label offre de la visibilité aux producteurs et permet de valoriser leur production. En France, les consommateurs soutiennent majoritairement les techniques culturales en faveur de la préservation de l’environnement. 85% d’entre eux sont prêts à soutenir les efforts des agriculteurs engagés dans la préservation de l’environnement selon un sondage mené par l’APAD (association pour la promotion d’une agriculture durable) en 2019.

Pour tout savoir sur les labels et certifications en agriculture, découvrez notre contenu dédié !

Comment s’engager dans l’Agriculture de conservation des sols et être labellisé ?

Le label est soumis à un référentiel comprenant 80 points, il est nécessaire d’en obtenir au moins 45. En plus du respect des 3 piliers de l’ACS qui comptent pour 41 points, des critères complémentaires valorisent l’engagement de l’agriculteur dans le collectif (réunions, échanges entre pairs, partage des résultats de test, etc.), les efforts mis en place en faveur de la biodiversité, le suivi d’indicateurs de progrès ou encore la stratégie phytosanitaire.

 

Téléchargez la fiche d’autodiagnostic pour découvrir si vous pouvez obtenir le label ou si vous devez ajuster vos pratiques culturales :

 

Une fois l’autodiagnostic effectué, vous pouvez vous rapprocher de l’APAD (association pour la promotion d’une agriculture durable) pour réaliser un audit complet.

Témoignages : ils s’engagent dans l’agriculture de conservation des sols

L’agriculture de conservation des sols est de plus en plus plébiscitée par les agriculteurs en France. Qui de mieux que des acteurs engagés dans la démarche pour vous en parler ?

 

Découvrez le témoignage de Théo Touron, agriculteur et adhérent Océalia

Théo Touron, producteur de Colza dans la Vienne, vous parle de son engagement dans l’agriculture de conservation des sols :

  • « Diminution des charges de mécanisation et d’intrants »
  • « Préservation de ses sols »
  • « Diminution de la charge de travail »
  • « Partage et échanges entre agriculteurs et coopérative »

Et bien plus encore, à découvrir dans l’interview vidéo 👇

Témoignage agriculteur

 

Découvrez le témoignage de Jacky Artaud, conseiller d’exploitation chez Océalia qui accompagne au quotidien des agriculteurs dans l’agriculture de conservation des sols

Jacky ArtaudComment voyez-vous évoluer l’intérêt de vos adhérents pour l’ACS ?

« L’objectif que je poursuis auprès de mes adhérents est de rendre leur système plus robuste face aux aléas climatiques et à la forte volatilité des prix, tout en gardant en fil rouge,  l’amélioration de leurs coûts de production.

L’ACS est apparue pour certains comme une solution possible et accessible. Bien sûr, la transition est plus ou moins rapide selon les individus et l’évolution des pratiques nécessite un accompagnement au quotidien.

La dynamique de groupe est très utile pour le partage d’expériences et permet à chacun de se rassurer pendent la période de transition qui présente obligatoirement des risques. Les sujets à maitriser sont nombreux et la technique de travail du sol ne représente qu’une partie de l’ensemble des sujets à travailler pour réussir sa transition.

Allongement des rotations, mise en place d’intercultures, apport de plus de diversité dans les espèces et les périodes d’implantation, adaptation de la stratégie de désherbage avec l’alternance des modes d’action et des familles chimiques, sont autant de leviers à actionner pour réussir à travailler en ACS.

Le changement de mode de travail du sol amène aussi à revoir la pratique de la fertilisation : il est donc nécessaire de partir avec un  diagnostic sol et de prendre conscience que la transition nécessitera souvent dans les débuts un investissement important dans ce poste. Il ne faudra pas non plus oublier le levier génétique pour faciliter l’usage de  méthodes alternatives.

Le but est de gagner en robustesse et en performance et pourquoi pas ainsi faciliter l’accès à la  certification tel que l’HVE.

Une fois les objectifs clairement établis et partagés, mon rôle de Conseiller d’Exploitation n’est pas d’être un copilote de l’exploitation, mais plutôt de se comporter comme le « GPS ».

Avoir une vision à plus long terme et surtout continuer de porter l’innovation pour garder toujours une agriculture d’avance … »

Découvrir le témoignage complet ➡

 

Pour attester du respect des principes de l’agriculture de conservation des sols, la traçabilité de vos pratiques est essentielle. Les obligations de preuve de conformité et les contrôles peuvent être une source de stress et entrainer une surcharge administrative.
Pour vous accompagner et simplifier vos démarches, Smag Farmer est à vos côtés !

Démo logiciel de gestion d’exploitation agricole Smag Farmer

 

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