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Comment favoriser la biodiversité dans son exploitation agricole ?


Depuis près de 11 000 ans, l’homme a su domestiquer une abondance d’espèces sauvages. Il a su produire différentes variétés de plantes pour son alimentation. L’agriculture a donc contribué au maintien de nombreuses espèces. La biodiversité est indispensable pour la survie des espèces, elle définie toutes les espèces vivantes ainsi que les milieux dans lesquels elles vivent.

L’agriculture possède un écosystème propre et les variétés céréalières, maraîchères, fruitières ou les espèces animales sont des éléments de biodiversité. Certaines espèces dépendent de leur milieu et apportent une aide précieuse au développement de l’agriculture. Les abeilles par exemple, font parties des pollinisateurs essentiels à la pérennisation de nombreuses variétés sans qui plus 70% des fruits et légumes que nous connaissons aujourd’hui, n’existeraient pas. Sans la biodiversité, l’agriculture n’aurait pas ses capacités de production.

Cependant, depuis plusieurs années, de nombreux spécialistes alarment face à la disparition massive de nombreuses espèces animales et végétales. Selon les experts biodiversité de l’ONU (IPEBES : Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques), environ 1 million d’espèces animales et végétales sur les 8 millions existantes sont menacées d’extinction. Il est donc indispensable de mettre en place des solutions pour préserver toute cette faune et flore.

Découvrez dans cet article :

Les auxiliaires de cultures

Les auxiliaires de cultures

Les auxiliaires sont des organismes vivants qui sont connus sous différentes formes telles que des animaux, insectes, acariens, champignons, bactéries. Ils ont un effet régulateur sur les ravageurs des cultures, on appelle ça la « lutte biologique ». Ces auxiliaires sont des ennemis naturels, ce sont des prédateurs, des parasites pour les ravageurs.

Le trichogramme, par exemple, est un petit insecte hyménoptère (famille des abeilles) qui peut être utilisé dans la lutte biologique contre la pyrale du maïs par exemple. Bioline AgroSciences propose des diffuseurs contenant ces auxiliaires de cultures pour réguler naturellement ces ravageurs.

Les auxiliaires de cultures, sont indispensables pour la pollinisation et la santé d’un grand nombre de plantes cultivées par l’homme. Conserver leurs habitats est primordial afin de garantir une lutte naturelle afin maîtriser le développement des ravageurs, favoriser la biodiversité et la pérennité de l’agriculture française.

Comment préserver l’habitat des auxiliaires de cultures ?

Augmenter la population des auxiliaires dans les parcelles et à proximité repose sur la maîtrise des pratiques culturales. En effet, vous pouvez contribuer au développement des auxiliaires de différentes manières :

  • La taille des parcelles est importante, beaucoup d’auxiliaires sont peu mobiles ce qui limite leur capacité à coloniser les cultures (50 m au maximum). C’est le cas des araignées, larves de syrphes par exemple.
  • Créer ou préserver les haies, fossés, talus, bois, mares, bandes enherbées, friches et les connecter entre eux pour faciliter les déplacements de la faune.
  • Éviter l’entretien des bords de parcelle entre le 15 mars et le 15 juillet, période de floraison et de reproduction.

La protection des amphibiens

Les amphibiens

Les amphibiens ou batraciens tels que grenouilles, crapauds ou salamandre sont principalement présents en zones humides, ils sont essentiels dans l’écosystème naturel. Effectivement, les larves d’urodèles et d’anoures vont participer à la filtration de l’eau en zones humides tandis que les adultes eux, vont se nourrir de limaces, chenilles, larves et coléoptères, vous débarrassant ainsi de certains nuisibles. Aussi important qu’ils soient, ils sont pourtant de plus en plus menacés en France comme en Europe.

Comment préserver les amphibiens ?

  • Créer et entretenir des haies, des zones humides et des mares ou plans d’eau mais proscrire l’insertion de poissons dans les mares et plans d’eau
  • Conserver les amas de bois et de pierres pour ainsi préserver ces zones de refuge
  • Créer également des bandes enherbées aux abords des parcelles afin de faciliter leur déplacement et de préserver des milieux favorables à leur alimentation
  • Limiter l’usage des insecticides et anti-limaces lorsque c’est possible

Les plantes dîtes messicoles

Les plantes dîtes messicoles

Les plantes messicoles regroupent une centaine d’espèces de plantes. Elles croissent principalement dans les champs de céréales, ce sont des plantes annuelles. Elles sont dépendantes des pratiques agricoles et vivent dans les cultures le plus souvent sans y avoir été semées. Parmi les plus connues, nous avons le coquelicot, le bleuet ou encore la camomille, etc. Ces différentes espèces sont indispensables à la biodiversité. Elles fournissent du nectar et pollen à des périodes où les auxiliaires de cultures peine à en trouver. Cela va favoriser la ponte de larves d’insectes auxiliaires qui vont ensuite se nourrirent de ravageurs tels que les pucerons ou chenilles. Les oiseaux eux aussi en profitent, ils en consomment les graines et certains insectes qu’elles accueillent.

Comment les protéger et favoriser leur croissance ?

  • Labourer à l’automne et semis de céréales d’hiver (blé ou orge), moins de plantes messicoles lèvent lors des semis de printemps
  • Utiliser moins d’engrais minéral et éviter l’amendement, limiter également l’utilisation d’herbicides pour favoriser la pousse des plantes messicoles
  • Créer en bordure de champs des bandes laissées pour les plantes messicoles

Les oiseaux et chauves-souris

Les chauves-souris, sont des hôtes habituels des bâtiments de ferme. Aussi appelées chiroptères, elles jouent également le rôle d’auxiliaires puisqu’elles peuvent consommer jusqu’à 3 000 insectes/nuit soit près de la moitié de leurs poids ! Parmi ces insectes volants on retrouve les moustiques, mouches ou encore les papillons de nuit.

Les oiseaux, jouent eux aussi un rôle majeur. Le pigeon ramier, le geai des chênes ou la mésange bleue participent à la régulation des ravageurs tels que les chenilles, papillons, pucerons. Les fauvettes, elles, participent activement à l’éparpillement des graines et à la pollinisation des fleurs.

Comment préserver leur habitat ?

  • Préserver les haies, bosquets, broussailles et zones humides, les arbres et arbustes ayant des baies/fruits : Ce sont des sources d’alimentation pour les oiseaux et chauve-souris. De plus ce sont des habitats naturels pour nombreuses espèces ; mais aussi les cavités, greniers, bâtiments anciens
  • Favoriser la création de petites zones en eau où les oiseaux et chauves-souris s’abreuvent et chassent
  • Raisonner les traitements sanitaires en réduisant par exemple les pesticides sur prairies et en bord de champs.

Les solutions en faveur de la durabilité des pratiques

La FAO (« Food and Agriculture Organization »), connue en France sous le nom de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, est une agence de l’ONU qui lutte pour la sécurité alimentaire à l’échelle de la planète. La FAO aide à gérer et utiliser de manière durable les ressources naturelles dont nous disposons.

Dans le but de répondre aux différents enjeux de l’agroécologie ; des Réseaux Mixtes Technologiques (RMT) sur la biodiversité et l’agriculture ont déjà été mis en place en France, leurs objectifs, contribuer au développement et à la promotion de systèmes agricoles respectueux de l’environnement, qui sont établie pour la biodiversité et la régulation naturelle.