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Réussir sa transition agroécologique


Produire plus en réduisant l’impact sur l’environnement est le principal défi qui repose aujourd’hui sur l’agriculture. Cette transition agro écologique repose sur des principes vertueux qui peuvent être considérés comme contraignants pour les exploitants. Qu’en est-il ?

Qu’est-ce que l’agro écologie ?

L’agro écologie désigne une discipline scientifique située entre l’écologie et l’agronomie, pour désigner des pratiques agricoles vertueuses pour l’Homme et l’environnement. Elle vise à transformer l’agriculture et à repenser l’ensemble des systèmes alimentaires pour les rendre plus durables. Deux objectifs sont visés :

  1. Optimiser la productivité face au changement climatique
  2. Limiter les impacts négatifs sur l’environnement, par une utilisation réduite des ressources fossiles

Pour y répondre, l’agroécologie s’appuie sur des processus écologiques qui reposent sur l’utilisation de la biodiversité – en travaillant avec la nature – et non pas contre, comme l’optimisation des rendements de la photosynthèse ; l’amélioration du capital du sol et son taux de matières organiques ; la réduction des intrants…

Les enjeux de la transition agro écologique

L’agriculture est à l’origine de 17% des Gaz à Effet de Serre en France (GES) et de 11 % dans l’Union européenne. Les consommateurs quant à eux, sont dans une attente croissante d’une alimentation plus saine et plus durable. La transition agro écologique offre donc une réponse adaptée à cette nouvelle équation.

En produisant plus et mieux, la France conservera sa souveraineté alimentaire tout en améliorant les conditions de vie des exploitants, par l’augmentation de leurs revenus et l’amélioration de leurs conditions de travail.

Remettre la nature au cœur des productions agricoles

A mi-chemin entre agronomie et écologie, l’agro écologie propose de repenser les systèmes de production en s’appuyant davantage sur les écosystèmes.

Augmenter la biodiversité et ses interactions avec les productions agricoles, tout en diminuant les pressions sur l’environnement (ex : réduire les GES, limiter l’utilisation des produits de santé des plantes…), en préservant les ressources naturelles. Il s’agit donc d’utiliser la nature comme facteur de production, de conserver ses capacités de renouvellement et d’avoir recours à des techniques de production qui permettent de maintenir ou d’améliorer les performances agricoles et environnementales.

Répondre aux objectifs fixés par l’UE avec une agriculture « intelligente »

L’agroécologie peut se résumer à des pratiques agricoles qui réduisent la pression sur l’environnement, réintroduisent de la biodiversité et préservent les ressources naturelles. Comme l’agriculture biologique (AB), les mesures agro-environnementales et climatiques (MAEC) dans l’agriculture conventionnelle, ou encore le label Haute Valeur Environnementale (HVE).

Cette évolution de l’agriculture « avec et dans la nature » permettrait d’atteindre les objectifs européens fixés pour 2030 « de diminuer significativement l’utilisation d’engrais et de pesticides chimiques, ainsi que le recours aux antibiotiques ».

Les pistes de revenus pour accompagner cette transition

Le coût de cette transition peut être considéré comme étant un frein au changement des pratiques agricoles. Si certaines pratiques agro écologiques comme l’agriculture biologique ne sont rentables qu’à moyen terme pour les exploitants, la transition agroécologique peut donc générer des coûts importants au moment de l’évolution de leurs pratiques agricoles.

La stratégie « de la ferme à la fourchette »

Cette stratégie adoptée par le parlement européen, rappelle les principes de la terre nourricière de proximité, des circuits courts, du respect de la nature et de la biodiversité. Cette stratégie vise à promouvoir une alimentation durable et mise sur la volonté des citoyens européens de changer leurs régimes alimentaires. Les producteurs devront pouvoir « faire de la durabilité leur marque de fabrique » pour atteindre les objectifs climatiques et environnementaux du Pacte vert (Green deal) tout en réunissant les conditions d’amélioration de leurs revenus.

Pour atteindre cet objectif, la Commission mise sur les plans stratégiques nationaux, élaborés dans le cadre de la politique agricole commune (PAC) pour assurer la mise en œuvre concrète de cette stratégie.

La réforme de la PAC

Pour y répondre, la Commission européenne propose des éco-dispositifs appelés « eco-schemes ». Proposés dans la réforme de la nouvelle PAC, les éco-schemes visent à récompenser les pratiques agricoles respectueuses de l’environnement.

30 % des paiements issus de la PAC versés aux agriculteurs, pourraient ainsi être attribués aux exploitants en transition, sous cette nouvelle forme. Cette réforme de la PAC prendra effet en 2023.

Les pratiques agros écologiques pourraient donc être récompensées par ces éco-dispositifs au même titre que la conversion et le maintien en agriculture biologique, la gestion intégrée, l’agroforesterie, l’agriculture à haute valeur naturelle, l’agriculture bas carbone ou l’agriculture de précision. La protection de la ressource en eau et les pratiques bénéfiques pour les sols sont également évoquées.

L’agro écologie en pratique

Les pratiques agro écologiques s’adaptent à toutes les agricultures. Variées, elles passent des pratiques de rotation des cultures avec les légumineuses, à la couverture interculture ou l’inter rang, la couverture des sols en hiver, la gestion des prairies permanentes…. Qu’il s’agisse de grandes cultures, de polyculture élevage, de viticulture ou d’arboriculture, les techniques sont adaptées pour chacune d’elles :

Grandes cultures : avec des couverts permanents, le désherbage et la fertilisation ciblée, la gestion de la fertilité, de l’irrigation, la protection intégrée des cultures, rotations, association de cultures…

Fourrages et paille entre agriculteurs

Polyculture-élevage : autonomie en protéines, couverts végétaux pâturables, agroforesterie, choix des espèces, pâturage tournant dynamique pour maximiser la production et les bénéfices environnementaux et sociaux.

Viticulture : taille et conduite de la vigne, couverts végétaux, réduction de la compaction des sols, agroforesterie, choix des cépages en fonction de leur résistance aux maladies, à la sécheresse…Viticulture de précision à l’aide de drones, d’images satellitaires, ou de capteurs.

Arboriculture : plantation, protection, irrigation, diminution des passages d’engins, couverts, taille et gestion de la fertilité, biodiversité fonctionnelle pour favoriser l’installation de la faune utile à l’équilibre du verger, choix des essences et agroforesterie.

Maraîchage : remise en vie des sols, paillage et auto-fertilité du sol sans intrant, autonomie en matières organiques, méthode de désherbage et matériel utiliser, irrigation, planification et protection des cultures.

L’innovation pour la transition agro-écologique

Depuis les années 70, la sélection végétale a permis à l’agriculture française de multiplier par deux les rendements du maïs, de la betterave sucrière et du blé. Avec moins d’intrants et moins d’eau, ces variétés ne sursollicitent pas les sols. En développant des plantes qui résistent aux nouvelles maladies et s’adaptent aux soubresauts climatiques, l’innovation pourrait offrir une réponse en investissant sur le temps long, dans des équipements modernes, les objets connectés ou encore des méthodes de protection des végétaux avec des mécanismes naturels…

En savoir plus sur le groupe Soufflet, acteur de la sélection de semences, résistantes aux maladies, aux ravageurs et qui diminuent les besoins en engrais et en eau.

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