La filière CRC (Culture Raisonnée Contrôlée) : infos & exigences

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La filière Culture Raisonnée Contrôlée est apparue dans les années 1990, en Bourgogne. Elle bénéficie depuis 1999 d’un signe distinctif de qualité délivré par le ministère de l’agriculture. Elle repose sur 4 piliers principaux : l’origine des céréales, leur traitement, la biodiversité et la rémunération des agriculteurs. Les céréales de la démarche sont produites exclusivement en France et font l’objet d’une prime de 21 euros par tonne versée à l’organisme stockeur qui reverse entre 11 et 16 euros par tonne à l’agriculteur.

Les préoccupations environnementales, sociales et sociétales de ce cahier des charges étant en accord avec les attentes actuelles des consommateurs, la filière s’est fortement développée. Elle compte aujourd’hui plus de 3 500 agriculteurs et 36 coopératives et négoces engagés. On retrouve les céréales CRC chez de nombreux distributeurs notamment Intermarché, Mc Donalds, Carrefour, Super U ou encore Auchan.

Infographie illustrant la filière culture raisonnée contrôlée

La filière CRC et les exigences à respecter

Les céréales concernées par le cahier des charges sont multiples même si le blé reste prédominant. On retrouve 4 cahiers des charges, un pour chaque culture actuellement couverte par la charte : blé tendre, blé dur, seigle et sarrazin.

Chaque acteur engagé, quel que soit sa place dans la chaîne de production a des exigences à respecter. Ainsi des cahiers des charges spécifiques ont été établis en fonction de chaque profil.

Les exigences de production

Les agriculteurs cultivant du blé tendre CRC doivent répondre à des exigences classées en 9 volets :

  • La connaissance de la parcelle
  • L’implantation de la culture
  • Les amendements organiques
  • La fertilisation
  • La protection des cultures
  • L’irrigation
  • Les actions favorables à la biodiversité
  • La récolte
  • La traçabilité

Le cahier des charges complet pour l’ensemble des cultures est disponible sur le site : https://www.filiere-crc.com/nos-cahiers-des-charges/

L’ensemble de ces exigences ont pour objectif d’encadrer les efforts consentis par les agriculteurs, les apports et pratiques agricoles sont optimisées et tracées. Les intrants se limitent aux besoins de la plantes grâce à la modulation, la bonne dose est apportée au bon endroit, au bon moment.

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La certificabilité des productions est soumise à une obligation de moyens et non de résultats contrairement à la certification HVE 3. Ainsi le contrôle d’adéquation se fait par vérification des moyens mis en place sur les exploitations. Afin de certifier le respect du cahier des charges par les exploitants, des contrôles internes (réalisés sous forme d’audit) mais aussi des contrôles externes (réalisés par un organisme externe) sont réalisés.

La traçabilité est essentielle pour un exploitant produisant des céréales Culture Raisonnée Contrôlée car il doit être, à tout moment, en mesure d’attester de la cohérence de ses pratiques avec le cahier des charges.

Les exigences en matière de collecte et stockage

Tout comme les agriculteurs, les organismes stockeurs, les meuniers et les transformateurs ont des cahiers des charges à respecter.

Les organismes stockeurs jouent un rôle central dans la démarche. Ils accompagnent et forment les agriculteurs pour leur permettre de mieux maitriser la qualité et la quantité de leur production. Ils doivent également respecter le non-traitement des céréales lors du stockage.

Tout d’abord, les meuniers se doivent d’être sélectionné par le Groupement d’Intérêt économique CRC. Ils doivent ensuite assurer la qualité des produits en maitrisant les contaminations et en abandonnant l’usage de produits insecticides pour conserver la farine.

Les exigences sont, ici, des obligations de résultats. Un contrôle de la présence de certaines molécules est donc effectué sur les céréales, les farines, mais également les sons. Le taux de 6 mycotoxines, 2 métaux lourds et 4 insecticides est vérifié. Ces analyses permettent d’offrir au consommateur transparence et confiance vis-à-vis des productions certifiées. De plus en plus de consommateurs choisissent la filière Culture Raisonnée Contrôlée principalement pour son impact environnemental positif.

 

bandes fleuries pour la préservation de la biodiversité

La CRC au service de la biodiversité

Sa mise en lumière et les préoccupations sociétales croissante notamment depuis le Grenelle de l’environnement de 2007, en font une certification en fort développement. La biodiversité est un des 4 piliers de la filière CRC.

Les actions en faveur de la biodiversité mises en place par les acteurs engagés sont nombreuses. Il peut s’agir de :

  • La mise en place de bandes fleuries sur l’exploitation et haies végétales : ces espaces où sont plantées diverses espèces botaniques ne permettent pas seulement de donner de la couleur à nos campagnes, elles contribuent à la préservation de nombreuses espèces (coccinelles, abeilles, etc.)
  • La protection des milieux aquatiques : les cours d’eau, fossés et mares essentielles à la préservation de l’équilibre de l’écosystème sont préservés.
  • L’installation de ruches sur les exploitations : 75% des cultures dépendent de l’actions des insectes pollinisateurs, il est plus que jamais essentiel de protéger ces espèces.
  • La mise en place de cultures intermédiaires et couverture de sols qui favorisent le développement et la préservation des espèces. Les CIPAN ou Cultures Intermédiaire Pièges à Nitrates permettent de limiter l’érosion des sols en limitant le lessivage des nitrates.
  • L’engagement dans des programmes de protections des espèces : insectes auxiliaire, oiseaux…

Les pratiques agricoles et de transformation encadrées par la CRC permettent d’avoir un impact environnemental positif. Depuis 2007, la CRC est même reconnu comme équivalente à la certification HVE niveau 2.

 

 

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